mercredi 9 décembre 2009

Apologie de l’anarchiste Nikos Maziotis devant la cour d’assise d’Athènes le 7 juillet 1999

L’anarchiste grec Nikos Maziotis a été condamné, le 7 juillet 99, à quinze ans de prison. Il avait été arrêté le 13 janvier 98 pour sa solidarité active avec les habitants de la baie de Strymonikos, dans la Macedoine grecque, en lutte contre les installations métallurgiques de traitement de l’or de la multinationale canadienne TVX Gold. Un mois après son arrestation, Nikos, à travers une lettre adressée à un journal, assumait la responsabilité d’une attaque à l’explosif contre le ministère de l’Industrie et du Développement, réalisée le 6 décembre 97 à Athènes, comme acte de résistance et de complicité avec les villageois qui s’affrontaient avec la police venue défendre les armes à la main l’or et ses nuisances.

L’action revendiquée par Maziotis - une bombe qui n’a pas explosé - se liait concrètement à une lutte qui avait dépassé depuis longtemps les limites de la légalité et des négociations. La vie contre les poisons industriels, la révolte contre leurs ministères, l’auto-organisation des villageois, un blocage qui arrête les projets d’une multinationale sur une route de montagne - c’est tout cela nous raconte cette « apologie », prononcée le 7 juillet devant les juges. Elle nous parle de solidarité révolutionnaire, de guerre sociale, des véritables terroristes et de ceux qui ne veulent plus de leur terreur faite de travail et de matraques, de plomb et de mensonges médiatiques. Elle nous parle également de l’histoire grecque et des conflits d’aujourd’hui, d’une critique globale de la société étatisée et capitaliste qui n’oublie jamais - en dépit de tous les avocats du pouvoir - sa banalité fondamentale : les responsables existent et on peut les frapper.

Contre toutes les distinctions bâties sur le code pénal (moins un acte est risqué et plus il est juste, ou vice versa), la déclaration de Nikos n’est pas l’apologie d’un acte isolé, mais celle d’une révolte qui nous dit : l’important, ce n’est pas la bombe, mais la main qui la pose.


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mardi 1 décembre 2009

Et Notre Haine Rit...



Dans ce bref recueil de textes de ce combattant de l’anarchisme individualiste, la poésie vengeresse et paroxystique croise du regard le browning de l’anarchiste bandit. La ferveur éclatante de la prose d’Abele Rizieri Ferrari, alias Renzo Novatore, en dit long sur ce qui anime celui qui passe à l’acte, qui donne à ses idées le tournant pratique qu’elles impliquent, au prix de la vie, d’une vie menée contre toutes formes d’utopies, contre toutes métaphysiques, le sort d’un certain iconoclaste de La Spezia qui fabriquait des vers comme il fabriquait des grenades.

Ici Novatore nous parle de solidarité, de l’innocence et de la culpabilité, sujets d’une actualité brûlante, en 1922 comme aujourd’hui. Il nous parle du sacré, qu’il soit Christ ou Droit-de-l’homme. Il nous parle, de façon détournée, de la révolution à l’est. Il nous parle aussi de ce que nous voulons y lire, c’est là la force du poète capable de transformer sa lyre en poignard.

« Notre tâche ultime, à nous individualistes anarchistes, sera de faire sauter la dernière Arche à coups de bombes et le dernier dictateur à coups de Browning. La nouvelle société restaurée, nous retournerons en marge d’elle pour vivre notre vie dangereusement, notre vie de nobles criminels et d’audacieux pécheurs ! »